Cours Yoga Nidra

Une séance de yoga nidra dure une heure allongée confortablement. Elles sont proposées occasionnellement. Vous pouvez aussi les demander en cours privés (seul(e) ou constituez votre propre groupe). Il est intéressant de se préparer à une séance de yoga nidra en ayant au préalable formulé son " sankalpa " (intention essencielle de votre chemin de vie ou âme).

Le yoga nidra est un voyage aller-retour du corps physique au corps astral et même causal pour les pratiquants plus habitués - ou du conscient vers le subconscient. Ce voyage intérieur guidé passe par nos cinq « enveloppes d’illusion » : physique, énergétique, émotionnelle / mentale, intuitive / astrale et divine / causale. 

Le corps physique est tout d’abord consciemment mis en état de sommeil par une relaxation très profonde. Dès cette première étape, la concentration de la conscience dans le corps relaxé va générer la diminution de la fréquence vibratoire du cerveau qui passera des ondes béta (très actives, relié à l’état de résolution de problèmes, réflexion intense, stress ou d’anxiété) en ondes alpha (état de quiétude). C’est alors que l’on commence à planter notre " sankalpa ". Petit à petit les deux hémisphères du cerveau se synchronisent entre eux et avec l’environnement. À ce stade-là, nous sommes libérés de tout stress. Après cela, on ralentit l’activité cérébrale encore pour arriver aux ondes thêta où nos sens sont retirés du monde extérieur et sont concentrés sur le paysage mental générant des signaux internes ; c’est l’état du rêve éveillé. Dans cet état, la créativité et l’intuition sont stimulés et l’exploration d’autres réalités que celles du monde matériel est en marche. Normalement, lorsque l’on débute dans le yoga nidra, les ondes thêta du cerveau sont générées mais ne vont pas plus loin. Avec l’expérience, le disciple peut parvenir à ce que les ondes delta soient émises (associées au sommeil profond, ondes très lentes et très amples), état dans lequel il peut faire l’expérience de la vacuité, une sorte d’état de sommeil sans rêve mais conscient, état de libération suprême que les yogis considèrent comme l’expérience du Divin, l'Ananda.   

Le yoga nidra est un puissant régénérateur des fonctions vitales, mentales et spirituelles .

Voici les nombreux bénéfices que permet la pratique régulière du yoga nidra :

  • une meilleure gestion du stress,
  • l'amélioration de la qualité de sommeil : on peut alors se passer de somnifères et constater une facilité d'endormissement et une meilleure qualité du sommeil,
  • une pacification du mental : pensée plus structurée, moins de pensées parasites ou négatives,
  • une meilleure gestion des émotions,
  • une augmentation de notre sensibilité aux énergies subtiles vitales qui constitue notre corps énergétique,
  • l’apaisement du mental  engendre une meilleure fluidité de notre énergie ce qui a pour effet la diminution des névroses psychiques et la réduction des blocages physiques,
  • une connexion très profonde avec notre inconscient et subconscient,
  • à des niveaux plus avancés, une ouverture spirituelle directe, avec l’expérience de l’union dans vacuité ou l’univers non-manifesté, une sorte de rencontre et fusion avec la cause primordiale,
  • l’union entre l’âme et la conscience individuelle avec l’âme et la conscience universelle,
  • l’opportunité de faire descendre le divin en soi, de saisir l’expression de notre divinité.

C’est se rapprocher de notre véritable nature, laquelle n’est ni le corps, ni le mental, ni le psychisme. Au-delà de tout cela, il y a la Source de notre Être, une union avec la puissance qui nous a créés. Régulièrement se connecter avec cette source divine, nous permet de vivre une vie de manière infiniment plus détendue, plus confiante, connectée à une joie indicible, car le petit moi se dissout dans le Soi conscient et éternel.

L'origine du Yoga Nidra remonte à plusieurs milliers d'années. Cette technique de yoga s'inspire des traditions :

  • du Shivaisme du Cachemire,
  • et du Vedanta.

Le but est d’arriver à une sensation de paix intérieure et d’harmonie profonde avec l’univers.

A s'attendre lors d'une séance

Durand la pratique du yoga nidra, lorsque la praticien rentre en lui-même pour élargir sa conscience, il lui arrive de sentir son corps tout autrement : l’impression de flotter, d’avoir 4 pieds, d’avoir une tête aussi grosse que l’univers. Ceci arrive parce qu’il se produit un certain dégagement de la conscience du corps, et non seulement du corps physique mais des corps subtils, comme le corps énergique, éthérique et astral. Or, ces corps subtils et la conscience ont des dimensions et des formes qui dépassent de loin les dimensions du corps physique et lorsque le sujet entre en relation avec ces corps subtils, il éprouve les sensations dont nous venons de parler.

 

Parfois lorsque l’individu est en train de se relaxer, ses membres subissent des secousses musculaires. Ceci est bon signe et indique que la personne a abandonné son corps et que les énergies s’élancent à travers les membres décontractés. C’est ainsi que l’organisme se revitalise et que les facultés intellectuelles se régénèrent.

Lors de la détente, il y aura des moments actifs ou l’on demandera au cerveau de  « faire » quelque chose, et d’autres moments passifs où on laissera venir à soi, et où l’on passera dans la simple vigilance du spectateur, où l’on observera attentivement mais de façon détachée les effleurements venant du subconscient. Il est très important de ne pas s’identifier aux images et  souvenirs du passé. Il faut observer les phénomènes comme on observe un film qui nous laisse parfaitement inaffectés. Chaque fois que l’on se surprend à réagir comme dans le passé, il suffit d’observer le processus, calmement, impersonnellement, pour que la conscience se dégage à nouveau.

Nous ne saurions trop insister sur l’importance de cette distanciation vis-à-vis des images mentales, que l’on obtient en étant très attentif à ce qui se passe en soi. Ces images subsistent en nous parce que nous les alimentons de notre adhésion, de notre complicité, mais à force de les observer comme un film qui nous laisse inaffectés, notre énergie se retire des images, ne les alimente plus et celles-ci disparaissent (cf. Jean Klein)

 

Aspect psychologique et spirituel de la relaxation

Avant de pouvoir porter son attention sur les sensations, on s’apercevra que le premier travail sur la voie de la découverte holistique de soi consiste à regarder, comprendre puis à transcender les activités mentales. Il faut tout d’abord dépasser cette activité mentale pour parvenir à la sensation non altérée du corps. Lorsque l’observation devient totalement silencieuse et immobile, l’on se rend compte que les sensations ne sont pas fixes et rigides mais changeantes et qu’elles apparaissent et disparaissent.

Certaines sensations physiques apparaissent lentement, s’intensifient, plafonnent, diminuent puis disparaissent, comme les chatouillement par exemple. Toutes les sensations du corps, sous le pouvoir de l’observation neutre ne sont que passagères, y compris la douleur (cf. vipassana).

Puis, derrière ces fines sensations se trouvent un état de vide. C’est tout au moins l’impression que l’on a : là où les sensations s’arrêtent ; un état de vacuité se manifeste. L’épreuve à ce moment-là est de ne pas la fuir, ni la repousser mais de s’y laisser venir jusqu’à devenir cet état soi-même, car selon les textes yogiques c’est grâce à l’expérience de la vacuité que le Soi peut se réaliser en nous. C’est se rapprocher de notre véritable nature, laquelle n’est ni le corps, ni le mental, ni le psychisme. Au-delà de tout cela, il y a la Source de notre Être, une union avec la puissance qui nous a créés. Régulièrement se connecter avec cette source divine, nous permet de vivre une vie de manière infiniment plus détendue, plus confiante, connecté à une joie indicible.

Le principal  facteur qui favorise cette démarche est la prise de conscience globale ou totale de soi qui progressivement dévoilera les sensations subtils un peu comme la brume qui se dissipe, couche après couche, lorsque le soleil brille :  de la même façon les sensations du corps et du psychisme sont raréfiées pas une attention complète de soi.

L’utilité de la prise de conscience globale

Elle permet d’éviter cette concentration de la conscience, qui ne peut être que nocive, dans une partie du corps. Il y a danger de névrose chaque fois qu’un aspect de l’être humain prédomine. Ainsi l’on ne peut attribuer de supériorité a aucune des facultés par rapport aux autres : raisonner ne peut être considéré comme supérieur à sentir ni sentir supérieur à l’action. Accentuer l’une ou l’autres de ses dimensions constituant notre être mène forcement à un déséquilibre. Aussi lorsque l’on fonctionne avec un seul aspect de soi, l’on reste inévitablement prisonnier du passé puisque ces trois facultés ont leur racine dans les expériences déjà vécues.

La relaxation se transforme en méditation

Vivre l’état de vacuité permet de comprendre la nature réelle de l’esprit. Quand l’esprit est encombré, « bouché », on est incapable de comprendre ou percevoir le nouveau, et puisque la vie est toujours neuve, nos réponses à ses provocations sont toujours mal-adaptées (cf. chapitre sur pratyahara et dharana).

C’est donc la vacuité mentale qui offre la possibilité de sentir les choses directement, d’absorber les choses en soi et de comprendre, d’être  intimement UN avec les choses et de les connaître. L’état de vide confère les moyens d’unir la perception, l’acte de percevoir et l’objet de la perception, et lorsque le regard n’est plus différencié de la chose regardée, alors toute forme de division et de dualité cesse.

L’importance d’une prise de conscience immédiate

Ce travail consiste à découvrir en soi à la fois le maître et l’élève. Le maître étant la capacité d’observer de manière directe alors que l’élève en nous est constitué par les innombrables états physique et mentaux comme les contradictions, la peur, etc.

Dans la relaxation, l’élève devient capable de porter un regard neutre sur ses propres manifestations corporelles et psychique, et selon la nature de ces dernières (inertie, agitation, clarté), il apprend à connaître ses propres besoins et à choisir la ou les techniques appropriée(s) (stimulante, calmante, équilibrante).

L’autogestion dans la pratique du yoga aide chacun à trouver sa voie propre dans l’existence (dharma), à ne plus vivre par imitation et à oser faire selon sa nécessité intérieure, même si cela parait de la folie aux yeux des autres.

Les projections mentales telles que justifications, jugements, définitions, etc. nous permettent de contrôler le monde extérieur en le figeant dans des concepts, des notions, etc. ce qui est très rassurant pour notre mental puisque cela ressemble à de la stabilité. Autrement dit, notre mental a peur du changement : c’est lui qui nous cloisonne pour des raisons de sécurité et de contrôle dans des positions figées dans le connu. Dépasser le mental grâce à la relaxation profonde ou le yoga nidra, nous permet de rencontrer notre potentiel infini, notre réelle liberté, l’Union ultime où la division n’existe pas, seul l’Amour est, en ce sens que tout est uni et lié.  

L’on comprend pourquoi, dans la pratique de la relaxation profonde, qu’il est si important de prendre conscience des sensations sans réagir, c'est-à-dire sans les qualifier de bonnes ou de mauvaises, d’agréables ou de désagréables, et sans les verbaliser. Du moment que l’on les qualifie, l’on va commencer à les trier, les choisir et les censurer, ce qui empêche de les connaître telles qu’elles sont dans leur nature propre. Il ne s’agit pas, dans la relaxation, d’être à la recherche de sensations particulières, ni de repousser celles qui sont habituellement considérées comme déplaisantes. De même aucune traduction ni interprétation ne doit avoir lieu à propos des sensations.

 

En quoi consiste encore le sommeil yogique ?

S’éveiller yogiquement, c’est cesser de rêver au niveau des pensées. C’est la même pensée qui fabrique nos rêves quand nous dormons et qui agite notre esprit lorsque nous croyons être réveillés. La pensée peut être plus rationnelle et d’avantage structurée pendant l’état de veille que pendant celui du rêve, mais la différence fondamentale est bien maigre, sinon inexistante.

La pensée est par excellence l’outil du conditionnement, facteur de ruptures ; elle divise l’homme à l’intérieur de lui-même, et elle divise la société en idéologies. Elle nous baigne dans le non-réel. L’homme enfermé dans ses pensées est entièrement isolé du monde et de la réalité. C’est que la pensée nous rend complétement insensibles à ce qui se passe autour de nous et en nous. Le yoga ne doit donc jamais devenir un processus d’isolement, qui n’a rien à voir avec la solitude. Au contraire, le yoga nous permet de nous unir avec la réalité des choses, telles qu’elles sont, dans un esprit d’ouverture, neuf, instant après instant. 

Dans les stades avances de la relaxation, l’observation devient l’outil de la connaissance de soi en profondeur, nous amenant du domaine du moi (le mental, les émotions, les souvenirs, etc.) au domaine du Soi (uni à la Source, la sérénité, la clarté, la joie profonde). Ces diverses découvertes de soi en profondeur sont possibles grâce au fait que la conscience est continue à travers les trois états : de veille, de rêve et de sommeil profond. L’observation silencieuse est la clé d’or qui permet d’accéder à l’éveil, même dans le sommeil.

Un grand obstacle : le vouloir

Pour toute démarche qu’elle soit, il est crucial que celle-ci ne tendent pas vers l’acquisition d’une récompense ou autre chose. Ce genre de vouloir traduit toujours un désir d’obtenir l’agréable ou d’éviter ce qui est déplaisant, ce qui n’a rien de mal dans la vie ordinaire, mais qui crée tout un réseau de résistances mentales au sein d’une démarche de relaxation ou de méditation. Ce réseau de résistance finit par engendrer tout un système de rapport de force très subtil entre l’esprit et le corps, entre la perception et les sensations, entre le moi et le non-moi, etc. Ces rapports de force, à leur tour, provoquent toute une gamme de tensions dans le mental et dans le cerveau, qui deviennent la proie d’états conflictuels. Ces conflits produisent l’agitation ou la confusion mentale de même qu’une suite d’insomnies tenaces. L’on aboutit alors à l’effet contraire de ce que la relaxation devrait apporter. Bien entendu la pratique de la relaxation et de la méditation va produire des modifications dans la personne et lui apporter qqch mais le fait d’y penser et la volonté d’acquérir risquent fort d’empêcher de venir ce qui doit venir.