qu'est-ce que le yoga?

Le Yoga signifie « Union » en Sanscrit. Il s’agit d’une Union a plusieurs niveau :

Union du corps et de l’esprit via la respiration,

Union de l’esprit et de l’âme via la méditation,

Union de notre volonté avec celle de Dieu,

Union de la conscience individuelle avec la Conscience Universelle,

Etc.

 

Le Yoga est un des 6 systèmes orthodoxes de la philosophie hindoue. Il fut décrit par Patanjali dans son ouvrage les Yoga Sutras.

 

Selon la pensée hindoue, tout est imprégné par l’Esprit Universel Suprême (Paramatma ou Dieu) dont l’esprit individuel de chaque être humain (jivatma) est une partie. Les connaissances et la pratique du Yoga donne les moyens de mettre jivatma en communion avec Paramatma ce qui permet d’atteindre l’éveil et la libération (moksa).

 

Depuis que le Yoga a été conçu, il est dit dans de nombreux ouvrages que le but est la délivrance de la souffrance et de la peine. En voici quelques extraits :

 

 « Quand l’esprit, l’intelligence et le soi sont maitrise, libérés des désirs incessants de sorte qu’ils reposent dans l’Esprit Intérieur, l’homme devient un Yukta : celui qui est en communion avec Dieu. (…) quand par la pratique du yoga s’apaise l’effervescence de l’esprit, de l’intelligence et du soi (ego), le yogi trouve la plénitude dans la grâce de l’Esprit qui est en lui . Alors il connait la joie éternelle qui est au-delà de la limite des sens que la raison ne peut saisir. »   (Bhagavad Gita)

 

« Quand les sens sont apaises, quand l’esprit est en repos, quand l’intelligence ne s’agite plus, alors dit le sage, le stade le plus élevé est atteint. Ce ferme contrôle des sens et de l’esprit a été défini comme étant le Yoga. Celui qui l’a atteint est délivre de l’illusion. » (Kathopanisad)

 

Patanjali décrit le Yoga comme : « Citta vrtti nirodah » qui peut être traduit par : « le moyen d’arrêter le cours des modifications mentales » ou encore « la suppression des fluctuations de la conscience. »

Les indous ont une images très parlante pour expliquer les vrtti du mental : imaginons un lac, coupe dans le sens longitudinal. Le fond, très dense, aux eaux très stables et sombres représente l’inconscient collectif, les instincts. En remontant dans la couche moyenne, dans la zone ou les eaux sont moins obscures, on arrive à l’inconscient personnel, la mémoire individuelle, les samskaras, le tendances de caractère de l’individu. Enfin on accède a la surface, qui comme un miroir, reflète les images de son environnement ; elle représente la conscience qui a la fois appartient à toute l’épaisseur qui la soutient et au monde ambiant dont elle capte l’image.

Imaginons une bulle qui remonte depuis le fond du lac ; au moment où elle éclate a la surface, elle forme des cercles et ridules qui déforment le reflet du monde réel et trouble la clarté de l’eau. Cela est un vrtti : une agitation du mental. Imaginons maintenant l’inverse : un caillou tombe dans le lac : en touchant la surface de l’eau, il la trouble ; encore un vrtti qui trouble le chant de conscience. Le cailloux tombe jusqu’au fond, créant des remous jusqu'à ce qu’il touche le fond modifiant sa structure et donnant le départ a d’autres bulles qui remontent : encore des vrtti et ainsi de suite.

Conclusion : entre les perceptions et les souvenirs, entre les émotions reçues de l’extérieure et les associations d’idées élaborées par les profondeurs, point de repos pour notre chitta (contenu mental). C’est un perpétuel échange de mouvement ascendant et descendant qui modifie nos conditions internes, et qui en même temps, fait du plan de surface un miroir déformant le monde réel.

La premier objectif du disciple est donc de tranquilliser son plan d’eau, obtenir une conscience claire, d’avoir une connaissance stable de sa propre structure interne et du monde ambiant.

Atteindre ce stade ne requiert pas du refoulement des mouvements de son esprit, mais bien au contraire, de se servir d’eux pour épuiser leur potentiel latent, et redescendre jusqu’au subconscient, qu’il voit comme générateur et dépôt de tous les actes colorés par la convoitise, la soif du fruit de l’acte.

 

Le Yogis n’est pas un amputé de ses désirs, mais celui qui a tout éprouvé, tout dépassé. Dans le comportement du yogi, tout est plasticité, souplesse, recherche de la ligne de moindre résistance. Cette recherche d’équilibre entre le possible et l’accompli donne une sensation de plénitude sans avoir l’emballement frelaté de l’orgueil. Le plus précieux dans ce sentiment de plénitude, est l’assurance profonde d’un devenir en marche, donc d’une perpétuelle possibilité de mieux faire. Il n’y a pas de possession de la perfection, mais connaissance intime de la perfectibilité.

 

« C’est par les efforts concentrés et coordonnés de son corps, de ses sens, de son esprit, de sa raison et de son âme qu’un homme gagne la paix intérieure et satisfait la quête de son âme pour rencontrer son Créateur. L’aventure suprême dans la vie d’un homme est ce retour vers Celui qui l’a créé. Pour atteindre ce but, il a besoin que son corps, ses sens, son esprit, sa raison et son âme fonctionnent pleinement et harmonieusement. Sans coordination de ses efforts, son aventure tournera court. » Iyengar. 

 

La vie d’un homme passe par l’incarnation dans le monde physique et charnel qui est la manifestation du Dieu Créateur dans le monde de la matière. Aussi l’évolution du yogi commence par l’exploration de son propre corps dont il honore la complexité et reconnait la perfection, pour remonter aux confins de son subconscient où  il trouve la paix, l’équilibre et une joie indicible, indissociable de la puissance qui l’a créé. À mesure qu’il avance dans ce chemin, le corps vieillit, s’use et s’épuise mais l’esprit lui grandit sans limite pour atteindre l’éternité dans la Conscience Pur.  Là, l’esprit est Dieu Créateur.

 

Le yoga est un art de vivre. Chaque jour donne lieu à la possibilité d’honorer la vie et sa Source. Dans le jeu de l’exploration de soi, le yogi sait que l’Univers, la Vérité sont en lui, et en toute personne, créature et situation.

 

Il sait aussi qu’en semant un acte quotidien, il sème une habitude, qui sème un caractère, qui sème une vie, un destin. Il créé ainsi sa propre destinée  se rapprochant de Dieu et influe de cette manière sur les cycles de vies et son karma.

 

À mesure que l’action prend forme, l’être se modifie. Encore faut-il le faire avec l’art du détachement aux fruits de ses actes : Dans la Bhagavad-Gita, il est dit : « Accomplis l’action en renonçant à tout attachement et en demeurant égal dans le succès et l’échec. »